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Comment rendre compte de la démesure du temps, de l'isolement, de la peur d'être assassiné, oublié des siens, de tenir jour après jour pour ne pas sombrer dans la folie pure ?

Il en a fallu du talent pour relater le récit de Christophe André responsable d’une ONG opérant au Caucase enlevé en pleine nuit retenu captif par des Tchechene pendant de nombreuses semaines en 1997.

Dés les premières pages j'ai été  incapable de décrocher de cette histoire qui donne le vertige. Les émotions successives du protagoniste sont d'une justesse terrifiante. J'ai tremblé pour Christophe, j'ai espéré avec lui, j'ai complètement été immergée grâce à l'ambiance de cette BD de 430 pages qui prend son temps mais qui a le mérite de donner au lecteur matière à se poser des questions profondes sur ce que nous sommes et des formidables ressources que nous portons en chacun de nous quand il est question de survie.

le dessin est très plaisant, la tonalité bleue des pages est particulièrement bien choisie et adoucie le propos sans jamais lasser. Je tire mon chapeau à Guy Deslisle pour avoir su retranscrire cette interminable et angoissante attente qu'a vécu cet homme qui nous ressemble tant.

 

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